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Municipales à Saint-Chamond : Vision, défis et projets de Jean-Luc Degraix

Municipales à Saint-Chamond : Vision, défis et projets de Jean-Luc Degraix

Entretien avec Jean-Luc Degraix “Candidat élection municipale de Saint-Chamond 2026”

Jean-Luc Degraixcandidat à la mairie de Saint-Chamond, offre une plongée complète dans sa vision, ses constats et la structure de son projet pour la ville. L’échange aborde d’abord la genèse de sa candidature indépendante après une scission politique, puis détaille les principaux axes du programme : revitalisation du commerce, valorisation du patrimoine, rénovation urbaine, sécurité et rationalisation des finances municipales. Soutenue par de nombreux cas précis et données tangibles – de l’évolution de la dette à la réalité du tissu social et commercial – l’intervention montre également les difficultés spécifiques des villes moyennes et la nécessité d’un changement d’approche, axé sur l’action locale, la proximité et la concertation.

Genèse de la Candidature et Diagnostic Initial

Jean-Luc Degraix candidat à la mairie de Saint-Chamond est au micro de Radio Gaga 42, précisant d’emblée qu’il s’agit bien d’une élection municipale aux ressorts locaux distincts des enjeux nationaux. Il revient sur la scission récente de la majorité municipale, conséquence de divergences de vision au sein d’une même famille politique. Cette rupture l’a amené à former sa propre équipe, structurée autour de la compétence et de la représentativité des quartiers, chaque membre apportant une expertise spécifique, de l’urbanisme au sport, afin de porter un projet en phase avec la diversité de la population locale. L’objectif fondamental consiste à réveiller une ville perçue comme stagnante : bien que le déclin démographique soit stoppé, le solde migratoire reste à zéro, signe d’attractivité en souffrance malgré la position stratégique entre Lyon et Saint-Étienne, et un riche tissu associatif et économique. La campagne s’engage donc sur la transformation de Saint-Chamond en une ville où il fait bon vivre, plutôt que sur une simple continuité de l’existant.

Redynamisation Commerciale, Urbanisme et Animation du Centre-ville

Le diagnostic s’affine sur la problématique du centre-ville, partagé avec nombre de villes françaises : commerces en difficulté, sentiment de dévitalisation et vacance des logements. Il expose une stratégie en trois axes pour restaurer l’attractivité du centre : intervenir sur l’espace public pour l’embellir, agir sur le parc de logements vacants (en encourageant notamment la rénovation thermique et les logements adaptés au vieillissement), et soutenir le commerce par une concertation constante avec les acteurs concernés. Des exemples d’initiatives passées sont évoqués, comme la remise en lumière de la rue de la République, illustrant la perte de population résidentielle.

Il précise que la réussite des animations municipales, leur localisation et leur impact sur les commerces doivent être repensés : il cite le marché de Noël, la fête de la musique et la vogue locale, montrant que la participation et la fréquentation doivent rayonner sur les commerçants. Pour favoriser la vie économique, Jean-Luc Degraix propose la création d’un marché couvert dans la halle Lauyère, particulièrement le dimanche, aujourd’hui jour mort pour le centre-ville. Il s’engage également à ne réaliser aucun important aménagement sans consultation directe des commerçants, soulignant que ce sont eux les véritables usagers du cœur de ville.

Patrimoine, Usage Citoyen et Limites de l’Intervention Municipale

L’entretien aborde ensuite la reconversion de l’église Notre-Dame, bâtiment emblématique désacralisé suite à la décision de la paroisse et sauvé de la démolition par mobilisation citoyenne. Pour Jean-Luc Degraix, le maintien du patrimoine et son usage adapté sont essentiels : il souhaite en faire un espace culturel vivant, à condition que les usages (expositions, animations culturelles) soient respectueux du lieu et compatibles avec le décor. Il s’oppose à toute transformation dénaturante (type marché couvert ou animations trop éloignées de la vocation culturelle), considérant que la difficulté est d’identifier la bonne affectation pour ce type d’édifice chargé d’histoire. Il reconnaît d’ailleurs que l’action municipale doit être priorisée : il n’est pas possible, par réalisme budgétaire et organisationnel, d’intervenir sur tous les bâtiments et quartiers simultanément.

Sécurité : Vidéosurveillance, Police de Proximité et Prévention

Il développe ensuite en profondeur son analyse de la sécurité, sujet devenu central dans le débat local. Il rappelle que plus de 300 caméras de vidéosurveillance équipent Saint-Chamond, résultat d’efforts majeurs menés lors des dernières années. Toutefois, il estime que si ce déploiement est utile pour rassurer et aider les forces de l’ordre, on atteint la limite du “tout caméra” : la montée des trafics de stupéfiants, des infractions routières et d’un sentiment d’impunité exige une évolution. Il prône une police municipale véritablement de proximité, avec accroissement des effectifs et de nouveaux moyens : il propose la création d’un groupement d’intervention rapide (brigade motorisée), inexistant aujourd’hui à Saint-Chamond mais déjà présent dans d’autres grandes communes comme Saint-Étienne. Jean-Luc Degraix soutient aussi la création d’annexes de police dans les quartiers les plus exposés, telles que Fonsala et Le Creux, afin de renforcer la présence quotidienne et la réactivité sur le terrain.

Pour lutter contre les trafics et sécuriser particulièrement les abords des collèges et lycées, il souhaite lancer une étude sur la faisabilité d’une brigade canine. Il reconnaît cependant la limite de l’action municipale en matière de lutte contre les stupéfiants, compétence régalienne, mais défend que la prévention par la présence visible et le “protéger les plus jeunes” reste un enjeu civique majeur.

Gestion Financière, Rationalisation des Dépenses et Communication Municipale

La discussion s’oriente finalement sur la gestion des finances et la nécessité de réduire le “train de vie” de la mairie, terme que Jean-Luc Degraix précise pour éviter tout populisme. Il présente le contexte : la dette de Saint-Chamond a triplé en cinq ans, passant de 9 à 29 millions d’euros entre 2020 et 2025, principalement à cause d’un recours accru à l’emprunt en l’absence d’épargne suffisante pour financer l’investissement municipal. La maîtrise des dépenses doit donc cibler le fonctionnement, en ralentissant sa progression plutôt qu’en pratiquant des mesures symboliques sur les réceptions (“petits fours”). Il cite concrètement la réduction du parc de véhicules, la rationalisation de la gestion des 270 bâtiments communaux, et l’optimisation des coûts afférents. Il prône aussi une vigie sur les frais de communication, critiquant la multiplication de gourmands dispositifs de “propagande municipale”, comme Saint-Chamond 2050, qui a coûté selon lui 80 000 € et favoriserait l’auto-promotion plus que l’information citoyenne. Enfin, il insiste sur la nécessité de garantir l’expression de l’opposition municipale, regrettant que les tribunes dans le bulletin ne soient que difficilement accessibles à ceux qui n’appartiennent pas à la majorité.

Conclusion et Ouverture

L’échange se termine sur la volonté de Jean-Luc Degraix d’instaurer une gouvernance à la fois sobre, concertée et tournée vers la résolution concrète des défis de Saint-Chamond. Il rappelle la nécessité de ramener toutes les forces vives autour d’un projet de renouveau fondé sur l’action, la proximité, la préservation du cadre de vie et une gestion saine des ressources, réaffirmant ainsi l’importance de la cohérence entre ambition politique et modestie opérationnelle pour affronter les réalités quotidiennes de la commune.

L’intégralité de l’entretien est a retrouver ICI


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Dialogues sur Saint-Etienne et sa Métropole avec les ligériens et ceux qui passent sur notre territoire. Chaine faite par des bénévoles, depuis Aout 2023.

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