Rive de Gier : Résilience, renouveau et défis d’une Ville en mutation
Entretien avec Vincent BONY “Candidat élection municipale de Rive de Gier 2026”
Vincent Bony, maire de Rive de Gier depuis 2020, offre une immersion unique dans la transformation et la résilience d’une commune face aux chocs climatiques, sociaux et industriels au micro de Radio GAGA 42. Le dialogue met en avant l’intensité des crises traversées – inondations, pandémie, émeutes urbaines – qui questionnent l’urbanisme, la gestion du risque et la nécessité d’un projet de ville durable. S’appuyant sur un récit factuel, Vincent Bony développe la trajectoire historique et identitaire de Rive de Gier, la complexité de ses reconversions, la valorisation de son patrimoine et le rôle fédérateur de la politique locale en matière de sécurité, d’éducation et de cohésion sociale, sans occulter les enjeux de transmission et d’engagement citoyen pour la jeunesse.
Crises majeures, bilan et expérience humaine du mandat
Le dialogue débute par un bilan du mandat débuté en 2020, traversé par une succession de crises inédites qui ont fortement marqué la ville : la pandémie de Covid-19, des épisodes violents de grêle, des émeutes urbaines inédites issues de Nanterre, puis l’inondation particulièrement marquante du 17 octobre 2024. Le maire insiste sur la brutalité de cet évènement, soulignant qu’il s’en est fallu de peu pour que la commune connaisse un drame humain, évité grâce à la solidarité et à la réactivité collective. Il évoque son livre-témoignage, fruit du désir de rendre compte de la richesse humaine du mandat, de la responsabilité prenante qu’implique le contact quotidien avec les habitants, d’autant plus lors de telles épreuves qui nécessitent activation d’une cellule de crise et organisation immédiate pour protéger la population.
Urbanisme et vulnérabilité historique : comprendre l’origine du risque
Vincent Bony replace les inondations dans l’histoire de la ville, rappelant que Rive de Gier, position de passage stratégique entre Lyon et Saint-Étienne, s’est développée en occultant le Gier par une couverture au XXe siècle, destinée à gagner de l’espace urbain et masquer la pollution : un choix qui, avec le dérèglement climatique, a accru la vulnérabilité urbaine. Le bassin versant – 300 km², de 1 400 m à 250 m d’altitude – concentre les eaux en crue soumises à des précipitations plus brèves et intenses, dépassant les capacités de la voûte et menaçant la ville. Il relate que lors de la dernière catastrophe, trois situations critiques auraient pu coûter des vies humaines, évitées de justesse, ce qui impose une réflexion sur la levée progressive de la couverture pour restituer à la rivière son lit naturel, tout en rappelant la difficulté d’envisager la suppression d’une route principale bâtie sur la rivière.
Prévention, adaptation et mutation urbaine face à la crise climatique
Le débat glisse vers les scénarios d’adaptation. La ville mène des exercices annuels de gestion de crise, déploie des systèmes d’alerte municipaux incitant chaque habitant à s’inscrire pour être prévenu en temps réel, et prévoit un diagnostic adresse par adresse sur la zone inondable avec un partenaire privé. Vincent Bony détaille la pose de batardeaux mobiles pour protéger les biens et bâtiments, illustrant une stratégie combinant prévention individuelle et adaptation systémique. Il insiste sur la nécessité structurelle de repenser la ville, ce qui implique possiblement la destruction de logements ou commerces pour restaurer le cours d’eau et assurer malgré tout la circulation urbaine, sur fond de canicules de plus en plus fréquentes et dangereuses.
Projets de renaissance et valorisation du patrimoine
À partir du rachat de vastes friches industrielles – ex-usine du gaz, site carchi, ancienne Verrerie, Halle Couson, soit 24 hectares – la commune s’engage dans un projet de renaissance urbaine à long terme (20 à 30 ans), visant le retour de l’activité économique, le développement de la nature en ville, et la création d’espaces verts tels que l’agrandissement du jardin des Plantes, un nouveau jardin qualitatif en centre-ville, et l’ouverture de l’Allée des Verriers à la promenade. Le maire perçoit là une opportunité d’attirer le tourisme vert, de révéler le patrimoine local (l’église Notre-Dame, peintures classées du XIXe, maisons ouvrières et de verriers), tout en luttant contre la stigmatisation de Rive de Gier et en renforçant le confort et la santé des habitants face à la chaleur urbaine.
Engagement pour un second mandat : sens du service public et partenariats
Interrogé sur la motivation à poursuivre dans une fonction aussi exigeante, Vincent Bony explique son choix, mûri avec ses proches et l’équipe municipale, de se représenter : fort d’une confiance consolidée par la préfecture, la métropole et l’État, il souhaite prolonger l’œuvre engagée – restauration éducative, financement de médiateurs –, convaincu d’avoir acquis la maîtrise des enjeux et la légitimité pour mener à bien les transformations structurantes encore à réaliser. Il insiste sur l’ancrage affectif à sa ville, sur la volonté d’enraciner les avancées et d’aboutir à la renaissance urbaine envisagée.
Valeurs politiques, service public et éducation comme priorité
Vincent Bony revendique ses convictions et son identité de gauche, tout en affirmant que l’action de maire transcende le clivage partisan par la recherche du bien commun et l’aide impartialement apportée à chaque citoyen. Il place l’égalité d’accès à l’éducation au même niveau que la sécurité, expliquant avoir développé la police municipale et amélioré le périscolaire et la cantine, pour combattre les inégalités sociales et culturelles dès la maternelle. Il souligne que son engagement vise à garantir que chaque famille – quels que soient ses moyens – puisse bénéficier de l’accompagnement de la collectivité et offre des ressources pour la ville, sans jugement. Il assume son parcours militant, source d’ouverture, de responsabilités syndicales et d’apprentissage auprès de Marie-George Buffet, perçue comme une grande ministre de la jeunesse et des sports.
Transmission, continuité, mémoire et passage de relais municipal
Le maire rend hommage à son prédécesseur Jean-Claude Charvin, disparu brutalement – figure emblématique ayant incarné la ville par quatre mandats –, revendiquant à la fois l’esprit de continuité institutionnelle et la nécessité d’apporter sa propre empreinte. Il rappelle que chaque nouvelle équipe s’inscrit dans la lignée de la précédente, à l’image de la succession (André Géry puis Jean-Claude Charvin), mêlant affrontements démocratiques et attachement partagé pour la ville, perçue comme entité supérieure à ses dirigeants. Sa formation d’historien l’amène à insister sur l’importance d’intégrer évolution et transformation dans la longue durée municipale.
Jeunesse, avenir et confiance dans le développement local
La conclusion s’amorce sur la jeunesse, priorité affirmée du programme du maire, vue comme levier du renouvellement de la ville. Vincent Bony expose sa volonté d’impliquer les jeunes et de leur faire confiance, en leur offrant la possibilité de faire émerger des initiatives durant ce mandat et au-delà, affirmant que le futur de Rive de Gier se joue à travers leur engagement, leur place dans la société et la capacité collective à les associer directement à la dynamique de transformation de la commune.
L’intégralité de cet entretien est à retrouver ICI
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