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Municipales : Avenir d’une ville en mutation et rassembler Saint-Etienne avec Régis Juanico

Municipales : Avenir d’une ville en mutation et rassembler Saint-Etienne avec Régis Juanico

Entretien avec Régis Juanico “Candidat élection municipale de Saint-Etienne 2026”

Radio GAGA 42 essaye de dialoguer avec tout le monde, aujourd’hui c’est un entretien approfondi avec Régis Juanico, candidat aux élections municipales de 2026 à Saint-Étienne, il détaille sa vision et ses priorités pour redorer le blason d’une ville fragilisée par des scandales et des difficultés urbaines. Dans une démarche de rassemblement politique, l’élaboration d’un programme basé sur la consultation citoyenne, l’implication des forces vives locales et la recherche d’un sursaut collectif pour la modernisation et la cohésion de Saint-Étienne. De la sécurité à l’urbanisme, en passant par la redynamisation commerciale et les projets de mobilité douce, c’est une radiographie nuancée des défis contemporains, des blocages structurels et des espoirs concrets pour les années à venir.

Du choc de l’image dégradée à l’engagement politique collectif

Après trois mandtas de député et toujours conseiller départemental, Régis Juanico explique que sa candidature aux municipales s’ancre dans l’urgence de répondre à l’image profondément ternie de Saint-Étienne, conséquence de plusieurs affaires politiques et judiciaires, notamment l’affaire « Perdriau ». Ayant voyagé dans toute la France comme consultant en sport, il a mesuré la gravité du déficit d’image extérieur de la ville — une réalité qui impacte non seulement l’opinion nationale, mais freine aussi l’attractivité et le développement local. Il insiste sur le retard de Saint-Étienne par rapport à d’autres grandes villes qui ont su anticiper les défis urbains contemporains, comme le réchauffement climatique, la modernisation du logement, l’évolution de l’urbanisme, le développement des pistes cyclables ou la promotion du vivre-ensemble. Face à cette situation, il justifie son engagement par le désir de s’associer à une équipe composée d’élus expérimentés, mais aussi de nombreux citoyens non encartés, pour initier un sursaut collectif en faveur de la ville.

Rassembler la gauche et la société civile : méthode et diversité

Le second axe majeur du projet repose sur une stratégie de large rassemblement politique à gauche. Régis Juanico revient sur les tentatives de 2025 pour unifier toutes les forces de gauche sur une liste unique, tentatives avortées après plusieurs mois de dialogue par le choix d’un autre mouvement de faire cavalier seul. Sa liste, “Rassembler pour Saint-Étienne”, résulte d’un choix assumé de conjuguer les différentes sensibilités — socialistes, communistes, écologistes mais aussi une dizaine d’autres formations politiques — et d’accueillir 30 % de membres issus de la société civile, représentatifs des quartiers et de toute la diversité sociale stéphanoise. Il souligne le caractère inédit de cette coalition depuis 25 ans et le processus de co-élaboration d’un programme riche, détaillé et dévoilé dès fin janvier à la population locale.

Restaurer la confiance : agents publics, image urbaine et atouts locaux

Le programme s’appuie fortement sur les attentes exprimées lors de multiples rencontres terrain : le mot d’ordre récurrent est la nécessité de raviver la confiance et la considération envers la ville et ses agents. Régis Juanico détaille la situation difficile vécue par les agents du service public (agents de propreté, éboueurs, personnel de crèche et d’écoles, etc.), victimes de réorganisations, d’absentéisme et de risques psychosociaux ayant désorganisé les services municipaux. Pour lui, relancer Saint-Étienne passe par un soutien massif à ces ambassadeurs du quotidien et un effort global pour mobiliser toutes les ressources de la ville : université Jean-Monnet (véritable moteur de promotion sociale), CHU pôle d’excellence, PME industrielles (18 % des emplois stéphanois), tissu associatif très actif et retraités investis. Il insiste aussi sur la nécessité d’un “capitaine” — un maire fédérateur — pour libérer les énergies locales, renouer le dialogue avec l’État et les autres collectivités, et incarner une nouvelle phase de mobilisation civique et institutionnelle.

Sécurité urbaine et priorités pour des espaces publics apaisés

La question sécuritaire occupe une place clé, avec un rappel des limites et leviers du maire en lien avec la police nationale et la police municipale. Il salue l’expérimentation locale d’une brigade de sécurisation métropolitaine dans les transports, impliquant réservistes de la gendarmerie et de la police, unique en France à ce jour. Il détaille une approche orientée vers plus de présence policière de proximité — moins de patrouilles motorisées, davantage de patrouilles à pied ou en vélo — et une lutte accentuée contre les incivilités routières (vitesse excessive, infractions fréquentes, comportements dangereux à vélo ou en trottinette, usage de protoxyde d’azote). L’accent est également mis sur le respect des arrêtés administratifs dans les commerces et la nécessité d’appuyer l’action de l’État contre les narcotrafics, qui constituent d’après lui l’enjeu de sécurité prioritaire pour Saint-Étienne. Enfin, la défense d’une ville apaisée et inclusive englobe l’accessibilité et la sécurité pour les personnes vulnérables : enfants, personnes âgées ou handicapées doivent pouvoir circuler sans crainte dans l’espace urbain.

Urbanisme, rénovation et durabilité : reconfigurer la ville

Abordant la transformation urbaine, Régis Juanico décrit un programme volontariste pour “renaturer” la ville et repenser ses espaces publics, trop minéralisés à son goût. Il anticipe des chantiers d’envergure sur les trames urbaines (notamment entre Cité du Design et la Place du Peuple) répartis sur les deux ou trois prochaines années, des interventions coordonnées pour végétaliser rues et places, et améliorer la sécurité piétonne avec davantage de fontaines, arbres et toilettes publiques. Il détaille aussi les problématiques d’accessibilité sur les trottoirs (obstacles pour personnes à mobilité réduite, excès de publicité, gestion des déchets, dégradation de la voirie). La rénovation de l’habitat dégradé sur des quartiers précis (Jaquard, Beaubrun, Saint-Roch, Terrenoire, Soleil) passera notamment par un « tiers-payant énergétique » : l’avance de frais par la collectivité pour la rénovation thermique, afin de permettre aux propriétaires de s’engager dans des économies d’énergie malgré leurs moyens limités. Il cite également plusieurs grands projets urbains (Ursules, Charité, parc François Mitterrand, abords du stade Geoffroy-Guichard, façade autoroutière) destinés à requalifier la ville et améliorer la qualité de vie.

Commerce, animation et mobilités : redynamiser le centre-ville et consolider le lien social

La reconquête commerciale du centre-ville s’appuie, selon Régis Juanico, sur un diagnostic précis : depuis 2020 et le départ d’enseignes structurantes (Fnac, Zara), la fréquentation quotidienne a chuté d’environ 10 000 personnes selon les données de géolocalisation fournies par les opérateurs mobiles. S’appuyant sur ce constat, il préconise la gratuité des transports en commun le samedi (coût estimé : 3 millions d’euros) pour réhabituer les Stéphanois à fréquenter le cœur de ville, ainsi que trois heures de stationnement gratuit le week-end pour limiter l’effet des voitures ventouses et le coût des parkings souterrains à réviser. L’animation reste, selon lui, un facteur central de rebond : il propose d’instaurer au moins un grand événement public chaque mois (fête de la Sainte-Barbe, fêtes musicales, animations de Noël, etc.) afin de stimuler la vie sociale et commerciale. Sur la question du dimanche “ville morte”, il observe une dynamique positive avec la réouverture progressive de restaurants, tout en plaidant pour plus d’animations dominicales dans les quartiers et une amélioration de l’offre de transports, notamment par un renouvellement accéléré du parc de véhicules pour faciliter la desserte soir et week-end. Il milite également pour des initiatives d’ampleur telles qu’une fête rassemblant tous les quartiers, des courses sportives populaires, des événements cyclistes typiques de la tradition ouvrière locale, et la mise en œuvre d’un plan vélo ambitieux, centré sur la sécurité et l’apprentissage des plus jeunes.

Mobilisation culturelle, sportive et associative pour l’identité stéphanoise

Dans l’ultime partie de l’entretien, Régis Juanico esquisse la valorisation du patrimoine culturel et sportif de Saint-Étienne. Il mise sur le retour d’événements sportifs fédérateurs en centre-ville — tournois de football de quartier, carnaval, courses populaires, promotion des traditions cyclistes et cyclocross — pour renforcer le sentiment d’appartenance et revitaliser l’espace public. Côté culture, il mentionne des actions prévues avec les restaurateurs et la programmation de nouveaux événements, dont la “course des garçons de café” organisée par l’UMI en septembre et des animations musicales sur les places principales. L’objectif affiché est de remobiliser toutes les générations et toutes les forces vives autour de rendez-vous réguliers, dans une ville qui capitalise sur ses traditions tout en accompagnant la transition vers une ville plus verte, solidaire et moderne. Il conclut en réaffirmant que la mutation profonde de Saint-Étienne passera par l’alliance entre expérience, énergie citoyenne et soutien politique à l’innovation territoriale.

L’intégralité de l’entretien est a retrouvé ICI


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