Sandra Creuzet-Taite, retour sur un parcours
Entretien avec Sandra Creuzet-Taite à l’occasion de la sortie de son livre “Retour sur un parcours à la manière de Montaigne”
Dans cet entretien enregistré à Saint-Étienne pour Radio Gaga 42 , l’élue locale, Sandra Creuzet-Taite candidate à un second mandat au Côteau vient présenter son livre, “Retour sur un parcours à la manière de Montaigne”. Ce dialogue explore les ressorts à la fois intimes et publics du récit, les épreuves politiques et personnelles qui ont poussé à l’écriture, et soulève des questions de sincérité, d’action, de rapports humains et de philosophie de l’engagement. À travers ses réponses, Sandra Creuzet-Taite détaille son attachement à la démocratie locale, les prestations de son mandat, les valeurs qui l’animent, mais aussi les difficultés et les leçons tirées de sa vie privée et publique, mettant en lumière comment son parcours forme un reflet de la vie politique contemporaine.
Naissance du livre : introspection et contexte électoral

Sandra Creuzet-Taite partage que l’écrit est né du besoin de surmonter des événements passés, notamment des traumatismes personnels et des situations difficiles plus récentes liées à son engagement politique. Elle explique avoir ressenti la nécessité de prendre du recul, d’analyser son vécu et d’expliquer les épreuves traversées, y compris la perte d’un proche par suicide et les conséquences de sa dénonciation d’un système (dépôt d’un article 40). Le livre s’inscrit aussi dans une période particulière, juste avant une nouvelle élection municipale, signe d’un moment charnière dans son parcours public et personnel.
Déclencheur politique : exclusion, introspection et résilience
L’élue raconte son éviction de la vice-présidence de l’agglomération de Roanne, conséquence de la révélation de dysfonctionnements et du dépôt d’un article 40. Cette étape difficile, motivée selon elle par une sanction et un sentiment de trahison, s’est entremêlée avec le suicide récent de son amie Nathalie, instaurant un climat de choc et d’injustice. Elle revient sur l’impact de ces drames, leur nécessité dans le processus de prise de recul, et sur la reconstruction, insistant sur le courage et la sincérité avec laquelle elle a souhaité poser les vérités et les explications dans son ouvrage. L’épreuve judiciaire toujours en cours limite ce qu’elle peut dévoiler, mais elle souligne avoir refusé de se taire et se dit renforcée, détaillant qu’elle ne fléchit pas, résiliente face à l’adversité.
Enjeux et spécificités du monde politique local : place des femmes et authenticité
La discussion glisse sur la complexité du monde politique, qualifiée d’atypique et majoritairement masculin. Sandra Creuzet-Taite s’attarde sur la question de la parité, regrettant que la femme doive être “laissée arriver” plutôt que simplement légitime. L’élue évoque le respect entre femmes politiques et questionne la véritable difficulté du métier, affirmant que ce sont avant tout les convictions et l’envie qui créent la valeur de l’engagement. Au sein de son équipe municipale très diversifiée, elle défend le droit à toutes les opinions et met en avant la richesse du débat démocratique, fruit de parcours et d’expériences variées. Elle critique une classe politique parfois déconnectée de la réalité professionnelle et sociale, revendiquant son propre chemin d’assistante sociale puis mandataire judiciaire, et affirmant que la proximité et l’expérience du terrain sont essentielles à l’action politique.
Un livre local, mais une démarche universelle : casser les clichés et défendre l’authenticité
Le livre, porté par deux éditeurs régionaux, vise surtout le lectorat local mais pourrait toucher un public plus large en raison de son approche humaine et réflexive sur la vie politique. L’auteure insiste sur l’importance de casser les stéréotypes qui réduisent les élus à leur seule image publique, alors que derrière chaque politique se cache une histoire personnelle complexe : divorce précoce, enfants, thématiques de protection de l’enfance. Elle critique ceux qui jugent sans connaître, les “sachants” qui enferment autrui dans des cases et prône une reconnaissance de la valeur du terrain et de l’écoute mutuelle, regrettant le manque d’échange véritable qui empêche l’émergence de solutions collectives. La philosophie montaignienne devient le fil conducteur de sa réflexion sur le changement, la remise en question et le besoin de retrouver une société plus sereine.
Bilan du mandat et gestion des crises
Alors que le premier mandat touche à sa fin, elle affirme avoir réalisé 98 % de son programme, prêt à débattre publiquement du détail des promesses tenues. Elle cite le terrain de foot synthétique comme unique projet non intégralement accompli, les études étant en cours, mais contextualise ce retard par les crises successives : pandémie de Covid-19, tempêtes de grêle contraignant la ville à des dépenses d’urgence de 3,5 millions d’euros, puis une cyberattaque. Ces événements exceptionnels ont ralenti certains chantiers mais n’ont pas empêché la mise en œuvre de l’essentiel du programme. La maire revendique la transparence et la responsabilité vis-à-vis des habitants.
Entre vie de femme, de maire, d’épouse et, surtout, de femme de convictions, elle livre un échange passionnant, marqué par une profonde authenticité. Au cœur de ce dialogue, une volonté affirmée : se battre contre l’injustice. Ne jamais mettre le second genou à terre est sa devise.
l’intégralité de cet entretien est a retrouver ICI
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