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Siham Labich : Pour un Saint-Étienne authentique, non-aligné et fier

Siham Labich : Pour un Saint-Étienne authentique, non-aligné et fier

Entretien avec Siham Labich “Candidate élection municipale de Saint-Etienne 2026”

Dernier entretien approfondi de ces municipales 2026, avec la candidate Siham Labich sur Radio GAGA 42, à la mairie de Saint-Étienne, elle partage sa vision d’un engagement politique authentique, sans appartenance partisane, entièrement axé sur la ville et ses habitants. Elle expose les défis rencontrés au cours de ses mandats antérieurs, notamment les crises et controverses, tout en détaillant ses cinq piliers programmatiques : citoyenneté, sécurité, fierté, dignité et responsabilité. L’ensemble s’articule autour d’un profond attachement au territoire stéphanois, de méthodes de mobilisation citoyenne, de propositions concrètes pour transformer le quotidien, et d’une volonté de restaurer la confiance par l’éducation, la proximité et la créativité locale.

Une candidature enracinée, indépendante et citoyenne

Dès les premières minutes, Mme Labich expose le sens profond de sa candidature à la mairie, issue d’une conviction que Saint-Étienne dispose de tous les atouts pour réussir grâce à ses habitants. Elle met en avant son enracinement local, étant la seule candidate née, ayant grandi, étudié, travaillé et instruit à Saint-Étienne, dans une carrière d’enseignante. Son attachement quasi viscéral à la ville s’accompagne d’une campagne menée sans aucune étiquette politique ni financement de parti, contrairement aux autres listes ayant souvent des soutiens nationaux ou locaux, évoquant notamment un micro-parti doté de 250 000 €. Elle insiste sur la sincérité et l’humilité de cette démarche, soutenue exclusivement par des fonds et des donateurs personnels, dans l’ambition de bâtir un véritable programme et une ambition affirmée pour la cité, en vue de raviver la fierté stéphanoise.

Construction rapide et pluralité d’une liste citoyenne

Siham Labich révèle la difficulté et la fierté d’avoir constitué, en à peine trois semaines, une liste de 59 personnes, toutes sans étiquette politique, écartant les clivages habituels. Confrontée à la contrainte légale de la parité homme-femme, elle note avoir trouvé plus aisément des femmes que des hommes, sans doute en écho à sa propre identité. L’équipe se distingue par son lien d’engagement et d’amour pour Saint-Étienne, avec des sensibilités diverses de droite et de gauche mais convergeant sur la volonté commune de servir la ville, en mettant l’humain et l’attachement local au cœur du projet.

Douze ans de mandat : apprentissages, crises et résilience politique

Revenant sur son expérience d’adjointe pendant douze ans à la mairie, la candidate distingue un premier mandat enthousiasmant, découvert sans bagage politique, où elle souligne avoir prouvé que l’engagement citoyen prime sur l’étiquette partisane. Le deuxième mandat s’est révélé plus complexe : marqué par la crise du Covid, la guerre en Ukraine, des choix budgétaires contraints ayant conduit à l’abandon de certains projets, mais aussi par une affaire judiciaire ayant fortement déstabilisé la majorité municipale. Malgré la tentation d’abandon, exacerbée par les révélations de Mediapart, elle explique avoir choisi de se recentrer sur le travail de terrain et sur la continuité du service aux habitants, s’accrochant par la résilience du collectif et la confiance dans la justice.

Positionnement politique : ni droite ni gauche, mais l’équilibre au service du commun

Siham Labich clarifie son indépendance politique, rappelant que sa majorité précédente était de centre-droit, mais intégrant aussi des élus de gauche, notamment des membres issus du Parti socialiste, pour former une base large. Elle assure se situer « au centre, au juste milieu », réaffirmant que la gestion municipale exige de s’affranchir des logiques partisanes, car l’action pour la ville – qu’il s’agisse de bâtir une école, garantir la propreté ou la sécurité – relève principalement du bon sens et non d’idéologies. Pour elle, les partis politiques n’ont pas leur place à Saint-Étienne : il s’agit avant tout de répondre aux besoins concrets de la population.

Les cinq piliers : priorité à la citoyenneté et à l’éducation

Le débat porte sur les cinq piliers du programme – citoyenneté, sécurité, fierté, dignité et responsabilité – avec un choix assumé de valoriser d’abord la citoyenneté et l’éducation. Contrairement à d’autres candidats centrant leur discours sur la sécurité, elle défend l’idée que tout développement urbain commence par l’éducation, vue comme socle de toutes les politiques publiques. Selon elle, des problèmes de propreté, de solidarité ou de mobilisation démocratique – tel que le faible taux de participation (40 % actuellement, objectif affiché de 60 %) – trouvent leur origine ou leur solution dans l’action éducative auprès des enfants et des familles.

Le rôle du maire dans l’éducation : synergie et conditions d’épanouissement

Siham Labich précise que le rôle du maire ne se limite pas à la gestion des bâtiments scolaires, mais à fédérer tous les acteurs gravitant autour de l’enfant – parents, enseignants, clubs sportifs, maisons de quartier – afin d’offrir un environnement éducatif moderne, digne et stimulant. Le maire a la capacité d’apporter des moyens concrets aux enseignants pour l’élaboration de projets citoyens et culturels, renforcer l’amour de la ville et de la République, réhabiliter des équipements sportifs et culturels, soutenir les loisirs, mais aussi épauler les familles dans leur rôle parental et instaurer des dispositifs pour lutter contre le décrochage des jeunes ou la passivité face aux écrans.

Sécurité et tranquillité publique : approche équilibrée et solutions de proximité

Sur la sécurité, la candidate refuse l’alarmisme en soulignant que Saint-Étienne n’est pas Chicago et que les données nationales attestent d’un cadre de vie globalement plaisant, même si le sentiment d’insécurité relève avant tout des incivilités. Son approche privilégie la présence accrue de policiers municipaux à pied, pour rassurer la population et dissuader les comportements déviants, tout particulièrement pour les personnes âgées. Elle propose aussi, face à la délinquance juvénile, de renforcer le dialogue avec les parents en cas d’incidents mineurs, en privilégiant la sanction éducative et réparatrice par des travaux d’intérêt général, plutôt que des dispositifs strictement répressifs, avec l’objectif d’éviter la récidive et de responsabiliser dès l’adolescence. Elle précise que ces mesures relèvent des compétences du maire dans le champ de l’ordre public.

Propreté, patrimoine urbain et mémoire locale : des réponses concrètes et créatives

La candidate s’attaque aux problèmes de dégradation de l’espace public par la création d’une brigade « anti-tag » et la transformation des murs abîmés en fresques valorisant le patrimoine stéphanois, à l’exemple des œuvres en hommage à Aristide Briand et Simone Veil réalisées avec l’artiste Calouf. Elle ambitionne de construire un parcours historique mémoriel, afin d’embellir la ville tout en renforçant l’attachement à ses figures marquantes, et de dépasser la seule identité liée au football (« les Verts »), pour inclure tous ceux qui ont fait la richesse de Saint-Étienne.

Repenser la gestion des déchets : fin des QR codes et instaurant la proximité

En termes de propreté urbaine, la candidate critique l’inefficacité du système des QR codes pour signaler les dépôts sauvages, évoquant la complication technique ressentie par les habitants et elle-même. Elle propose la suppression de ce dispositif au profit d’une solution plus adaptée : la déchetterie mobile, se déplaçant de façon régulière dans chaque quartier avec une benne disponible, permettant à chacun de jeter ses encombrants le même jour chaque mois. Cela crée un rendez-vous identifiable, responsabilise les citoyens, et inclut un tri pour permettre la récupération éventuelle de certains objets. Elle insiste également sur la nécessité de surveiller les abus des industriels déversant leurs déchets dans les campagnes environnantes, pointant que le QR code ne pénalise finalement que les particuliers sans résoudre le problème à la source.

Conclusion ouverte : restaurer la confiance par l’action locale et l’écoute

Siham Labich réaffirme l’importance d’une gouvernance pragmatique, au plus près de la réalité des habitants, en misant sur l’éducation, l’exemplarité, la proximité et la valorisation du patrimoine local pour renforcer le sentiment d’appartenance, l’efficacité civique et la qualité de vie. S’inscrivant dans une dynamique collective, elle entend poursuivre une transformation profonde tout en mettant fin aux dispositifs complexes et aux logiques de sanction peu adaptées, pour instaurer durablement un climat de confiance et de responsabilité partagée à Saint-Étienne.

L’intégralité de cet entretien est à retrouver ICI


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