Histoire et renouveau du Nelson, institution pâtissière à Saint-Étienne
Entretien et visite du Nelson le Jeudi 18 décembre 2025 à Saint-Etienne avec Mickaël Fils.
Immersion complète dans l’univers du Nelson, une enseigne emblématique de la pâtisserie et chocolaterie stéphanoise. Mickaël Fils, à la tête de cette maison depuis plusieurs années, évoque son passé historique remontant à 1911, son parcours personnel ainsi que les spécificités du Nelson. Il partage également sa vision du renouveau de la boutique avec le déménagement dans un nouveau laboratoire, les défis du commerce de centre-ville, et les ambitions futures pour renforcer la place de la chocolaterie dans la région.
Michaël nous retrace l’histoire du Nelson, attestée depuis 1911, grâce à une photo découverte lors de recherches généalogiques. Il nous explique que le nom vient d’un ancien propriétaire, Nelson, et que le choix d’utiliser ce nom remonte à son prédécesseur qui avait demandé à la veuve du fameux Nelson la permission de l’employer. Michel raconte son propre parcours, débutant en tant qu’apprenti dans la maison il y a 30 ans, avec plusieurs expériences professionnelles en pâtisserie et restauration, avant de revenir racheter le Nelson en 2010 avec sa femme. Il décrit la pâtisserie comme un art dédié aux moments heureux, repas festifs et rendez-vous annuels incontournables comme Noël, l’Épiphanie ou la Saint-Valentin, où la part du dessert est capitale. On découvre que la saisonnalité constitue un pilier du métier, avec un apport croissant des fêtes récentes comme Halloween.
Michaël met en lumière la spécialité chocolatière qui a largement contribué à la renommée de la maison : les langues de chat, fines pâtisseries fourrées, vendues depuis près de six ans, qui ont fait leur réputation bien au-delà de la Loire, jusque dans la région stéphanoise. Il évoque aussi le gâteau emblématique « Caribe », apprécié localement, composé d’une mousse légère au chocolat, d’un glaçage noisette et d’un feuilleté praliné. Au-delà des particuliers, le Nelson alimente aussi professionnels, restaurateurs et institutions sportives locales qui font appel à leurs produits. Cette double clientèle illustre la dynamique d’une maison ouverte sur la ville et sa périphérie.
Il nous explique les raisons majeures qui ont motivé le déménagement du laboratoire situé auparavant dans un immeuble ancien du centre-ville à un nouveau bâtiment rue Pierre Loti. La productivité limitée, les contraintes d’hygiène, la pénibilité et les difficultés de recrutement liées à l’organisation sur plusieurs étages étaient des freins importants. Le nouveau laboratoire, beaucoup plus spacieux, consacre désormais la moitié de ses locaux à la chocolaterie, permettant d’en faire la « fer de lance » de l’entreprise. Pour les clients, le nouveau point de retrait offre une accessibilité facilitée grâce au parking et à la proximité de la RN88, ce qui favorise la fréquentation. Michaël note que la clientèle s’est élargie à toute la périphérie stéphanoise, permettant de désengorger le centre-ville et d’améliorer l’expérience avec un accueil convivial.
À l’approche de Noël, Mickaël Fils détaille une sélection complète de bûches pâtissières et glacées : neuf sortes de pâtisserie, quatre sortes glacées, ainsi que des entremets traditionnels comme le vacherin et l’omelette norvégienne, alliant tradition française et modernité avec des saveurs exotiques telles que citron vert et mûre. Concernant la distribution, la pâtisserie assure une expédition nationale de ses produits secs (notamment en chocolat) tandis que la livraison de pâtisseries fraîches reste locale. Le client le plus éloigné se trouve actuellement en discussion en Corée, soulignant l’ambition d’exportation. Michel évoque ses projets: continuer le développement tout en affirmant la place du Nelson dans la chocolaterie.
Enfin, Michaël aborde les transformations du commerce en centre-ville, accentuées par la crise sanitaire et l’avènement des achats sur internet. Il admet que le commerce traditionnel stéphanois est en mutation, voire en déclin progressif, surtout pour le secteur textile et ameublement, tandis que l’alimentaire résiste encore mieux. Pour lui, il faudra repenser les boutiques physiques, renforcer la présence en ligne et multiplier les points d’accès pour survivre. Il insiste aussi sur la nécessité pour les commerces de se regrouper géographiquement afin de créer des pôles attractifs et complémentaires, utilisant l’exemple du pôle moto qui concentre plusieurs enseignes pour attirer la clientèle. Cette réflexion stratégique souligne une volonté d’innovation tout en conservant le patrimoine historique de la maison Nelson.
Michel conclut cet entretien en souhaitant de bonnes fêtes, avec une touche d’humour autour des expressions liées au chocolat en confirmant être prêt à « bûcher » pour Noël. Cette dernière séquence positive souligne son engagement personnel pour perpétuer l’excellence de la maison Nelson dans un contexte évolutif. Et un grand Merci pour l’accueil.
En savoir plus sur RADIOGAGA42
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Laisser un commentaire