Dans le rétro de Norbert Banchet
Ma rencontre avec Christophe Willem a été assez particulière. Elle aurait lieu en 2026, l’interview serait totalement différent.
Après l’album « Inventaire » sorti en 2007 juste quelques mois après sa victoire à l’émission de télévision, « Nouvelle Star », Christophe Willem, jeune chanteur dans le métier, sort un second album studio « Caféine » en 2009. Il entame une nouvelle tournée appelée « Coffee Tour » pour mettre en avant cet EP. C’est dans ce contexte que je rencontre l’interprète de « Double je »
Nous sommes le vendredi 2 avril 2010. L’artiste est en tournée un peu partout en France et notamment à Dijon. La date prévue est le 4 juin 2010. Pour faire la promo de ce concert, le chanteur fait la tournée des médias dans chaque ville où il se produira quelques semaines plus tard.
Pour Dijon, le rendez-vous est fixé dans les bureaux de la FNAC, juste avant une séance de dédicaces. Organisé par la chaine de magasin, chaque média dijonnais à droit à 15 minutes d’interview. Comme convenu j’arrive à 10H45 avec mon matériel radio, pour Chérie FM. Je monte dans les étages des bureaux de la boutique. On me demande d’attendre que le journaliste du journal Le Bien Public termine son interview. Nous nous croisons, nous nous saluons puisque que nous nous connaissons. Je lui demande : « Ça a été ? » Il me répond par l’affirmative et me souhaite bon courage. Je comprendrais plus tard pourquoi cet encouragement.
J’arrive dans un espace exigu ou on doit se frayer un chemin pour passer entre les cartons et autres dossiers posés à même le sol. Christophe Willem se présente. Je décline mon identité et nous nous installons chacun d’un côté d’un bureau en verre fumé, comme on peut le voir sur la photo. Je n’aime pas cette configuration. Ce dispositif met une sorte de barrière, de distance entre l’artiste et moi. Bref le cadre n’est pas très accueillant.
Son staff quitte les lieux et nous voilà en tête à tête pour cette interview de quinze minutes. Immédiatement je sens l’interprète de la chanson « Plus que tout » moyennement à l‘aise. J’essaie de détendre l’atmosphère en disant que j’aimais beaucoup l’artiste et que j’avais hâte de le voir sur scène. Histoire qu’il comprenne que je suis une journaliste sympa. J’appuis mes propos en lui demandant s’il est gourmand, faisant allusion a cette très grosse boite de bonbons déposée proche de lui. « Je suis gourmand », me confie-t-il, avec un sourire gêné. Il me proposera un bonbon, que j’accepterai. Moi qui ne mange jamais de bonbon, je me suis sacrifié, histoire d’essayer d’installer une petite complicité.
L’interview débute. Les questions tournent autour de l’album « Caféine », son deuxième album studio, aux influences plus électro, porté par les singles « Berlin » ou encore « Plus que tout ». On parle également de la tournée ou encore de Dijon qu’il ne connait pas.
Si ces réponses ont été précises et très exploitables pour une diffusion radio, je dois reconnaitre que le chanteur m’a surpris par sa grande timidité. Une timidité qui m’a obligé à adapter ma façon de poser mes questions. Dans ces (très rares) cas-là, je calme le rythme des questions. Je fais tout pour ne pas mettre mal à l’aise mon interlocuteur avec un regard ou un sourire rassurant.
L’interview s’est terminée cordialement avec un sentiment de « mal à l’aise » général dans un lieu, en plus, peu propice à une rencontre. Depuis 2010 Christophe Willen a pris une certaine assurance et n’accepterait certainement pas de recevoir des journalistes dans un capharnaüm comme dans lequel nous étions.
Share this content:
