Dans sa série consacrée aux grandes figures de la Loire, Christian Chassagne revient sur les personnalités qui ont marqué l’histoire du département à travers son Dictionnaire des personnalités marquantes de la Loire.
Aujourd’hui : MARTIN Bernard
Bernard Martin naît le 17 septembre 1808 à Montbrison. Fils d’un imprimeur, il se forme au métier de l’imprimerie avant de se rendre à Paris, en 1826, afin de perfectionner ses connaissances et son savoir-faire.
En 1830, il adhère à la Société des Droits de l’Homme, organisation républicaine engagée dans la défense des idées démocratiques. Il participe ensuite, aux côtés de Barbès et de Blanqui, à la création de la Société des Familles, puis de la Société des Saisons.
Condamné après l’insurrection de 1839
À la suite de l’insurrection du 12 mai 1839, Bernard Martin est poursuivi et traduit devant la Chambre des pairs. Il refuse cependant d’assurer sa propre défense, déclarant à ses juges : « Vous êtes mes ennemis, vous n’êtes pas mes juges. »
Condamné à la déportation, il est d’abord interné au Mont-Saint-Michel, puis transféré à la citadelle de Doullens.
La Révolution de février 1848 marque un tournant dans son parcours. Il est alors nommé commissaire général dans les départements de l’Ardèche, de la Loire, de la Haute-Loire et du Rhône. Dans ces fonctions, il contribue notamment à prévenir les affrontements et à éviter une extension de la guerre civile.
Représentant du peuple de la Loire
Le 23 avril 1848, Bernard Martin est élu représentant du peuple de la Loire. Il siège à la Montagne, groupe parlementaire républicain situé à gauche de l’Assemblée nationale.
Au cours de son mandat, il vote notamment en faveur de l’abolition de la peine de mort, du droit au travail, de la suppression de l’impôt sur le sel et de l’amnistie générale. Il se prononce également pour la mise en accusation du président de la République et de ses ministres.
Réélu le 13 mai 1849, il participe à la tentative révolutionnaire du 13 juin 1849. À la suite de cet épisode, il est condamné à la déportation. Il parvient toutefois à s’évader et se réfugie d’abord en Belgique, puis en Angleterre, où il demeure jusqu’à l’amnistie de 1859.
Le 8 février 1871, il est élu député à Paris et siège à l’extrême gauche.
Bernard Martin est également l’auteur d’un ouvrage illustré publié en 1851, Dix ans de prison au Mont-Saint-Michel et à la citadelle de Doullens, dans lequel il revient sur ses années de détention.
Il décède le 22 octobre 1883 à Paris, à l’âge de 75 ans.
Source : Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, par Adolphe Robert et Gaston Cougny.
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