Isabelle Aubret une légende au cœur tendre
Avant RADIO GAGA 42 et Youtube nous avons fait de nombreuses rencontres et entretiens, voici un petit retour sur la rencontre avec Isabelle Aubret au Cabaret Saint-Martin.
Entre souvenirs touchants, réflexions sur les mots, la transmission des valeurs humaines, et l’engagement sur scène, le rendez-vous offre une immersion rare dans le monde artistique où l’exigence et la passion ne cessent de dialoguer.
Isabelle Aubret : Hommage, Héritage et Lien avec Jean Ferrat
Gilles Charles débute cet échange profond avec Isabelle Aubret, rencontrée au cabaret Saint-Martin dans la Loire, et explore son rapport intime avec la chanson française, en particulier avec Jean Ferrat. Isabelle insiste sur la nature de son hommage à Ferrat, qu’elle considère avant tout comme un acte d’amour et de fidélité plutôt qu’un simple hommage. Elle revient sur sa première rencontre avec Ferrat en 1962 pour la chanson “Deux enfants au soleil”, une œuvre déjà enregistrée par Ferrat, qui a trouvé une nouvelle vie grâce à elle et est restée 27 mois au hit parade. Elle évoque également la transition improbable de la gymnastique à la chanson, expliquant qu’elle travaillait dans une filature tout en suivant des cours d’art dramatique, d’opérette et divers autres disciplines, animée depuis toujours par la certitude de vouloir être artiste.
Isabelle raconte aussi l’origine de son nom d’artiste, choisi pour servir la chanson française, et déclare le pouvoir salvateur des mots et de la voix humaine, insistants sur leur importance tant pour consoler que pour transmettre. Elle confie que certains jeunes, peu familiers avec les grands textes, sont souvent touchés lors des spectacles, et que leur découverte du sens profond des paroles est pour elle une récompense majeure. L’entretien aborde son hommage à Charlie, ses convictions sur l’amour et la nécessité d’y croire, citant Aragon comme référence et évoquant l’espoir pour les générations futures. Enfin, elle partage l’annonce de son prochain album, après dix ans d’absence discographique, expliquant la difficulté à trouver des chansons intemporelles et précisant l’intention de perfection dans ce projet qui, à 68 ans, pourrait bien être son dernier. Elle détaille le processus de création, précisant son respect pour les auteurs et sa façon de porter les mots en émotion.
La Construction d’un Album, Chansons et Matière Émotionnelle
Isabelle développe l’identité de son nouvel album qui comptera 18 chansons, dont des auteurs de renom comme George Chelon et Claude Lemel. Elle expose sa méthode : donner des indications aux auteurs, mais sans jamais imposer, par admiration pour leur travail d’écriture. Elle insiste sur la nécessité de raconter chaque chanson avec la justesse émotionnelle qu’elle requiert. Elle évoque également la difficulté de chanter certains textes chargés de souvenirs douloureux, comme “Mourir au soleil” que Ferrat lui inspire, ou une chanson écrite pour Christine Sèvre qui demeure une de ses favorites. À travers ces confessions, elle dévoile la profonde émotion qui l’habite, évoquant son attachement viscéral aux textes et aux souvenirs associés.
La discussion s’élargit à son rapport à la région stéphanoise, son expérience à Saint-Étienne et l’Ardèche, en expliquant que revenir dans ces lieux chargés d’histoire personnelle est parfois trop difficile émotionnellement. Elle formule des souvenirs positifs sur les musiciens, notamment lors d’un travail avec 60 musiciens pour un spectacle au Palais des Sports, dont le mixage fut réalisé à Saint-Étienne. Malgré la perte industrielle dans la région comparée au Nord, Isabelle estime que Saint-Étienne retrouve une certaine vitalité. Elle poursuit en décrivant la tournée “Les têtes de bois”, une façon différente de rencontrer d’autres artistes et public, moins fatigante que les concerts solos. Isabelle partage sa peur d’entrer sur scène, laquelle devient plus forte avec le temps et l’exigence qu’elle s’impose. Elle refuse toute indulgence du public, préférant l’exigence, allant jusqu’à se produire plusieurs jours avec une otite sans que le public en soit informé, illustrant son professionnalisme intransigeant.
L’Art de la Vie : Final en Chanson et Moment d’Émotion
La conclusion de l’entretien avec Isabelle Aubret est marquée par l’évocation d’un dernier sentiment, celui de la beauté de la vie. Elle affirme qu’il faut vouloir et mériter cette beauté, se battre pour elle, citant la nécessité de maintenir cette certitude et la transmettre. L’entretien se termine, symboliquement, par l’interprétation en direct de la chanson “C’est beau la vie”, dont l’auteur fait ressentir l’importance de pouvoir encore regarder, écouter, chanter, partager l’amour retrouvé et dialoguer avec les proches. Gilles Charles revient sur la profondeur de la rencontre, exprimant son émotion face à une artiste d’une grande gentillesse et à la force du vécu partagé.
Un sacré beau souvenir et d’émotions.
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