Éric Blanc de la Naulte : L’opéra est un art populaire, ouvert à toutes et à tous

Éric Blanc de la Naulte : L’opéra est un art populaire, ouvert à toutes et à tous

Entretien enregistré le 11 mai 2026 à l’Opéra de Saint-Etienne. Éric Blanc de la Naulte est le directeur général et artistique de Opéra de Saint-Étienne

Radio Gaga 42 a rencontré Éric Blanc de la Naulte, directeur de l’Opéra de Saint-Étienne, pour évoquer la place de l’opéra dans la ville, la programmation culturelle et les ambitions d’une maison qui revendique une culture accessible à tous.

Dès le début de l’entretien, une question revient souvent dans l’esprit du grand public : pourquoi ce lieu se nomme Opéra alors que la programmation ne se limite pas uniquement à l’art lyrique ?

L’Opéra de Saint-Étienne est une maison d’opéra de tradition stéphanoise” , explique le directeur. Nous proposons bien sûr de l’opéra, mais aussi des spectacles chorégraphiques, symphoniques, du théâtre, du jazz ou encore des festivals. Cela reste néanmoins une véritable maison d’opéra reconnue comme telle par la Réunion des Opéras de France.

« L’opéra n’est pas élitiste »

Pour Éric Blanc de la Naulte, l’image élitiste souvent associée à l’opéra est totalement erronée.

« L’opéra a été créé pour le peuple. C’est un art populaire qui fait appel aux émotions, exactement comme le football », compare-t-il avec le sourire. « On a le droit de ne pas aimer, comme certains n’aiment pas le football, mais il faut au moins venir découvrir. »

Le directeur insiste également sur l’accessibilité tarifaire de la structure : « Les places débutent à 5 euros. On ne peut donc pas parler d’une culture réservée à une élite. »

Afin de casser les clichés, l’Opéra de Saint-Étienne mise aussi sur une communication ouverte et locale. Des Stéphanoises et des Stéphanois participent régulièrement aux campagnes d’affichage de la saison culturelle.

Une histoire profondément stéphanoise

L’histoire de l’opéra à Saint-Étienne remonte au XIXe siècle. À l’époque, le théâtre Massenet se situait place des Ursules avant d’être détruit par un incendie en 1928.

« Aux archives municipales, on retrouve des pétitions de Stéphanois opposés à la suppression de la saison lyrique. Cela montre à quel point l’opéra fait partie de l’histoire culturelle de la ville », rappelle Éric Blanc de la Naulte.

Aujourd’hui encore, cette identité demeure forte à travers le Grand Théâtre Massenet et les différentes salles du bâtiment.

Une programmation construite plusieurs années à l’avance

Préparer une saison d’opéra demande une organisation considérable. Certaines productions sont travaillées jusqu’à trois ans avant leur représentation.

« Un chanteur lyrique se réserve très longtemps à l’avance. La voix est un instrument fragile », explique le directeur. « Il faut ensuite concevoir les décors, les costumes, travailler avec les metteurs en scène et respecter toutes les contraintes techniques et budgétaires. »

Chaque création devient alors un spectacle unique. Même une œuvre mondialement connue comme Carmen change totalement selon la mise en scène choisie.

« Une Carmen jouée à Saint-Étienne ne ressemblera à aucune autre », assure-t-il.

Une saison 2026-2027 ambitieuse

La prochaine saison débutera le 3 octobre avec la 5e symphonie de Mahler interprétée par 110 musiciens sur scène, un événement exceptionnel pour l’Opéra de Saint-Étienne.

Parmi les temps forts annoncés figure également Roland à Roncevaux, une œuvre rare qui n’a plus été jouée depuis plus de 120 ans.

« Ce sera l’un des grands événements lyriques de la saison. Des passionnés viendront même de l’étranger pour assister à cette représentation », souligne le directeur.

L’opéra stéphanois continue également de défendre la redécouverte d’œuvres françaises oubliées, une ligne artistique mise en place depuis 2014.

Un moteur économique pour la ville

Au-delà de la culture, l’opéra génère aussi des retombées économiques importantes pour Saint-Étienne.

« Les spectateurs qui viennent de loin dorment à l’hôtel, vont au restaurant, consomment dans les commerces. Une étude avait montré qu’un euro investi rapportait environ 1,14 euro à la collectivité », rappelle Éric Blanc de la Naulte.

Le public vient aujourd’hui de toute la région, mais aussi parfois de beaucoup plus loin.

« Certains passionnés se déplacent depuis les États-Unis pour voir des œuvres rares », indique-t-il.

Une maison ouverte à tous les publics

Avec près de 3 900 abonnés et un taux de remplissage avoisinant les 90 %, l’Opéra de Saint-Étienne affiche une excellente fréquentation.

Pour autant, la direction refuse de privilégier uniquement les abonnements.

« Je tiens à laisser la possibilité à chacun de venir voir un seul spectacle s’il le souhaite. L’opéra doit rester ouvert à toutes et à tous », insiste le directeur.

La programmation se veut volontairement éclectique : opéra, danse, concerts symphoniques, théâtre, jazz ou spectacles familiaux se côtoient tout au long de l’année.

« Il y a des spectacles pour tous les goûts et tous les âges. Le plus important, c’est de venir découvrir. »

« La scène est à vous »

Depuis trois ans, l’Opéra de Saint-Étienne communique autour du slogan : « La scène est à vous ».

Une phrase simple, devenue une véritable signature.

« Ce slogan résume parfaitement notre philosophie : cette maison appartient à tout le monde », conclut Éric Blanc de la Naulte.

Une ambition claire pour un lieu culturel qui entend continuer à faire rayonner Saint-Étienne bien au-delà de ses frontières.

L’intégralité de l’entretien est à retrouver ICI

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Rédaction

Dialogues sur Saint-Etienne et sa Métropole avec les ligériens et ceux qui passent sur notre territoire. Chaine faite par des bénévoles, depuis Aout 2023.

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