Culture et transmission, le parcours de Tony Di Stasio

Culture et transmission, le parcours de Tony Di Stasio

Avant de présenter son nouveau spectacle aux Stéphanois ce dimanche 14 juin à la Ricane, Tony est venu nous parler d’Entre Serge et moi, ce lundi 8 Juin 2026.

Ce nouvel entretein pour Radio GAGA 42 offre une plongée dans le parcours professionnel et artistique de Tony Di Stasio, humoriste et comédien franco-italien, et détaille sa façon singulière de mêler expérience migratoire, transmission culturelle et hommage musical sur scène. L’entretien valorise à la fois la complexité du métier d’artiste indépendant—depuis l’autopromotion jusqu’à la gestion logistique—et les spécificités de la création de ses spectacles phares consacrés à l’identité italienne et à Serge Lama. À travers anecdotes, analyses du secteur culturel et retour sur la créativité multiforme de Tony Di Stasio, ce dialogue met en lumière l’importance du travail artisanal, de la résilience et du partage du patrimoine entre générations.

Débuts de Tony Di Stasio : Identité, Spectacle et Autopromotion

Tony Di Stasio revient sur ses débuts dans le spectacle, évoquant notre première rencontre il y a neuf ans alors qu’il lançait « Fatto In Casa », un spectacle relatant la vie d’un fils d’immigrés italiens en France. Il souligne la singularité d’être un artiste totalement autonome : il gère l’entière promotion et prospection, contacte personnellement les lieux et organise seul les représentations. Cette indépendance, bien que chronophage et parfois source de solitude, lui a permis de tisser un réseau conséquent sur l’ensemble du territoire français, grâce à une application constante et une capacité à gérer toutes les facettes du métier artistique. Malgré la difficulté de concilier la scène avec l’aspect commercial et communication, Tony explique y consacrer une portion massive de son temps, conscient que ces univers requièrent des compétences distinctes pour maximiser l’impact d’un projet artistique.

Logistique, Répartition Culturelle et Réception du Public

Tony détaille la structuration de son activité : il joue dans plusieurs comédies et au théâtre, ce qui nécessite une prospection active, la gestion des ventes, l’organisation logistique et la négociation avec des équipes réduites. Il soulève la question de l’anticipation des dates, généralement réservées un an à l’avance, avec les réticences parfois rencontrées, souvent dues à l’inadéquation du spectacle avec certains lieux ou publics spécifiques. L’artiste décrit une réalité où le manque de réponse est fréquent, non pas par désintérêt mais en raison de l’affluence de demandes que reçoivent les programmateurs, eux-mêmes contraints par la nécessité de remplir les salles et d’assurer la viabilité économique de leurs établissements—une contrainte renforcée depuis la crise sanitaire du Covid. Il explique également la différence de fonctionnement entre les cafés-théâtres privés, axés sur la rentabilité, et les centres culturels publics, davantage soutenus par des subventions mais plus difficiles d’accès pour les artistes.

Rencontres, Transmission Identitaire et Évolution du Spectacle

L’entretien glisse vers l’accueil réservé à sa sensibilité italienne, notamment dans différentes régions françaises marquées par une importante communauté d’origine italienne. Tony Di Stasio décrit la manière dont son spectacle fédère autour d’expériences communes—repas de famille, vacances en Italie, fabrication du coulis de tomate—et permet au public, même éloigné des racines méditerranéennes, de s’identifier à travers anecdotes et références culturelles. Il raconte également ses expériences dans le nord-est du pays, tout aussi chaleureuses, prouvant l’universalité de sa démarche. Le spectacle se nourrit d’interactions musicales, au cours desquelles le public est invité à chanter, dynamisant la représentation et accentuant l’effet de partage culturel transgénérationnel.

Anecdotes Artistiques et Techniquement Entre Genres

L’artiste revient sur un moment marquant de sa carrière : sa rencontre avec Toto Cutugno, la préparation imprévue d’une première partie devant l’icône de la chanson italienne et le privilège de participer à une répétition en interprétant des classiques avec le staff. À travers cette anecdote, Tony témoigne de la magie de son métier, capable de rapprocher artiste amateur et maîtres adulés dans un même élan musical. Il évoque par ailleurs l’utilisation du prompteur phonétique par Cutugno, qui, ne maîtrisant pas totalement le français, lisait les paroles écrites en phonétique lors de ses concerts français. Ces passages illustrent la frontière poreuse entre hommage, héritage culturel et adaptation artistique.

Nouvelle Création : L’Hommage à Serge Lama, Problématiques de Droits et Transmission

Le sujet bascule sur son nouveau spectacle « Entre Serge et moi », un hommage à Serge Lama construit en duo sur scène. Tony explique que ce projet, mûri de longue date, mêle habilement récits des drames de la vie de Serge Lama – sa célèbre résilience à travers les accidents et épreuves – et fragments autobiographiques. Le spectacle alterne chansons emblématiques de Lama, interprétées tantôt en entier, tantôt en extrait ou a cappella, et transitions narratives où l’humour demeure central, évitant ainsi le format du simple récital ou documentaire. Il détaille le processus créatif, de l’écriture rapide à la résidence de mise en scène, saluant l’aide précieuse de partenaires logistiques et artistiques. Par ailleurs, Tony Di Stasio met en avant la complexité du respect des droits d’auteur lors de la conception d’un tel hommage : chaque chanson peut avoir un éditeur distinct, et il s’attelle à régulariser chaque utilisation pour être en parfaite conformité, refusant tout contournement et privilégiant le professionnalisme.

Il insiste sur l’objectif pédagogique de ce projet : révéler au public la pluralité de l’œuvre de Lama – composée non seulement de chansons tristes ou tendres, mais aussi de titres joyeux et grivois, jouant ainsi sur la surprise. Le spectacle, ponctué d’informations sur l’origine de certains textes (sans spoiler, pour laisser intact l’effet de découverte), s’achève sur une dimension participative forte, notamment avec un karaoké géant et la présence à l’écran des titres, auteurs et compositeurs, révélant au passage l’importance du rôle d’Alice Dona, autrice ou compositrice de près de 80 % des chansons retenues dans le spectacle.

Ces retours confirment le souhait des artistes d’apporter une dimension didactique, permettre au public de redécouvrir différemment le répertoire, et soulignent l’investissement de son comparse Jérôme Paul, à la fois pianiste, chanteur et metteur en scène. Enfin, Tony revient sur le rythme du spectacle, sa durée d’1h20 à 1h30 selon l’énergie du soir, et la liberté laissée à l’improvisation et à la participation du public, ancrant définitivement sa pratique dans la tradition du café-théâtre artisanal et dans la volonté de créer un lien direct, vivant, entre artiste et spectateur.

L’intégralité de cet entretien est à retrouver ICI

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Rédaction

Dialogues sur Saint-Etienne et sa Métropole avec les ligériens et ceux qui passent sur notre territoire. Chaine faite par des bénévoles, depuis Aout 2023.

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