Veauche, Florian Chaux nouveau maire souhaite désormais impulser une nouvelle dynamique
Entretien enregistré le mercredi 26 Aout 2026 par Gilles Charles
Dans cet entretien pour Radio GAGA 42, le nouveau maire de Veauche, Florian Chaux, présente son parcours, sa conception pragmatique de l’action municipale et les raisons qui l’ont conduit à entrer en politique. Il détaille un programme fondé sur le réinvestissement dans les écoles, les voiries, les espaces verts et la cohésion entre le bourg et la cité Saint-Laurent.
La discussion aborde également le projet privé des Halles, la sécurité, les pouvoirs de police du maire et la nécessité d’adapter la commune au changement climatique. L’ensemble dessine une volonté de transformer la gouvernance municipale tout en redonnant à Veauche une vie locale plus autonome.
Du secteur informatique à la mairie : une entrée en politique par passion et par devoir
Le maire explique qu’il vient de la société civile et du secteur privé. Ancien développeur informatique puis directeur technique dans plusieurs entreprises, il a également cofondé sa propre société avant de mettre entièrement fin à ses activités professionnelles lorsqu’il a été élu maire en mars dernier. Il considère désormais cette fonction comme un métier à part entière, mais aussi comme une vocation et une passion qui nécessitent de s’y consacrer à plein temps. Il exerce parallèlement les fonctions de troisième vice-président de la communauté de communes Forez Est, chargé de l’aménagement du territoire, notamment de la mobilité, du covoiturage, des abords de gare et du vélo.
Son entrée en politique répond à la fois à un intérêt ancien pour la vie publique et au sentiment qu’il fallait changer les méthodes de gouvernance à Veauche. Il affirme vouloir rendre davantage de place à la démocratie, redonner la parole aux habitants et instaurer un mode de gestion différent. Même s’il refuse de se définir comme étant de gauche, de droite ou du centre, il reconnaît que les décisions municipales comportent toujours une dimension politique, notamment lorsqu’elles concernent le social, la sécurité ou l’économie. Pour lui, la priorité reste toutefois le pragmatisme et le bon sens au service des quelques 9 000 habitants.
« Veauche mérite mieux » : réinvestir dans les équipements et réunifier la commune
Interrogé sur le nom de sa liste, « Veauche mérite mieux », qui pourrait laisser penser que la commune va mal, le maire répond que cette interprétation vient surtout des personnes extérieures à la ville. Selon lui, les habitants partageaient réellement ce constat, ce que confirmerait le résultat de l’élection municipale : il évoque une victoire obtenue dans une triangulaire, avec 45 % au premier tour puis 55 % au second tour, face notamment au maire sortant. Le slogan exprimait principalement le sentiment d’un manque de renouvellement dans la gouvernance et d’un sous-investissement de la commune.
Le nouveau programme place donc l’investissement au centre de l’action municipale. Il prévoit notamment la rénovation d’une école, la refonte des cantines scolaires et un vaste rattrapage concernant les voiries, dont l’entretien aurait été insuffisant pendant une dizaine d’années. Le cadre de vie constitue un autre axe majeur, avec la création annoncée d’un parc de deux hectares au centre de Veauche. Ce parc doit être aménagé sur une friche agricole appartenant à la mairie, située derrière Carrefour Market, afin de rapprocher géographiquement le bourg et la cité et de créer un lieu commun pour les habitants.
Faire de deux pôles géographiques une seule ville vivante
L’entretien revient sur la séparation ressentie entre Veauche-Centre, correspondant au bourg, et Veauche-Saint-Laurent, souvent appelée la cité. Le maire reconnaît que ces deux secteurs constituent encore deux centres géographiques et économiques distincts, avec des caractéristiques propres. Il estime néanmoins que la commune doit travailler à en faire une ville réellement unifiée, sans nier les spécificités de chacun des quartiers. Le futur parc pourrait contribuer à cette mise en relation en offrant un espace partagé proche du centre géographique de la commune.
Florian Chaux refuse par ailleurs que Veauche devienne une simple cité-dortoir autour de Saint-Étienne. Il ne prétend pas que tous les habitants travailleront dans la commune, mais souhaite qu’ils puissent y pratiquer davantage leurs loisirs et y trouver une véritable vie locale. Veauche dispose déjà d’un réseau associatif important, notamment dans le sport, mais les associations sont souvent complètes et ne suffisent pas à répondre à toutes les attentes. La municipalité voudrait donc favoriser d’autres activités, comme les restaurants, les parcs et de nouveaux lieux de convivialité.
À propos du projet des Halles, présenté comme un potentiel moteur pour les restaurants, le commerce et l’économie locale, l’élu précise qu’il s’agit d’un projet privé porté par un entrepreneur. La ville espère qu’il aboutira et indique que le porteur du projet se dit toujours confiant dans sa capacité à le mener à bien. La municipalité ne le considère pas comme son propre projet, mais elle agit sur le plan juridique pour faire respecter le contrat signé et obliger l’opérateur à avancer. Les travaux connaissent un retard touchant plusieurs étapes, notamment le démarrage et la dépollution, et la ville entend suivre le dossier de près dans les mois suivants.
Renouveler la gouvernance, rénover les écoles et anticiper le climat
Pour le maire, Florian Chaux, le premier renouvellement ne concerne pas l’apparence des bâtiments mais le fonctionnement interne de la mairie. Il décrit un management municipal ancien et particulier, qu’il souhaite apaiser afin d’améliorer la qualité du service public. La remise en place d’un climat plus serein pour les agents ne vise pas à leur accorder des avantages sans contrepartie, mais à leur permettre de travailler correctement, dans la quiétude et avec davantage d’efficacité. Cette transformation managériale constitue, selon lui, la première action engagée par la nouvelle équipe.
Le second chantier est celui du rattrapage des investissements. Le maire estime que Vosges s’est développée par une succession de lotissements sans que les infrastructures publiques suivent suffisamment. Les écoles sont particulièrement concernées : il décrit des bâtiments vieillissants, des toilettes incomplètes et des plafonds parfois proches de la dégradation critique. La commune ne cherche pas nécessairement à construire de nouveaux établissements, car la démographie ne justifie pas une forte augmentation du nombre de classes. Elle souhaite plutôt rénover en profondeur une école, avec éventuellement de nouveaux bâtiments, pour parvenir à une ouverture autour de 2030 ou 2031. Une classe doit être ouverte cette année et une seconde pourrait l’être, mais l’objectif principal est de maintenir les effectifs existants et d’offrir aux élèves des locaux supportables en été comme en hiver.
Cette rénovation doit aussi intégrer l’adaptation au changement climatique. Le maire reconnaît que les collectivités auraient dû anticiper davantage les épisodes de chaleur et qu’elles ont accumulé du retard en matière de rénovation thermique. La municipalité prévoit de planter 1 000 arbres pendant le mandat selon trois axes : le futur parc, les cours d’école aujourd’hui largement bétonnées, et les voiries. Chaque grande opération de rénovation de rue devra ainsi intégrer une revégétalisation des abords, afin d’apporter davantage d’ombre et de fraîcheur dans la commune.
Voiries, sécurité routière et réponse proportionnée aux nuisances
La responsabilité des voiries dépend de leur statut. Les routes départementales, comme la D1082 située près de la mairie, relèvent du département pour la rénovation de la chaussée elle-même. En revanche, si la commune veut ajouter un équipement spécifique, comme un radar ou un rond-point, le financement peut lui revenir. Pour de nombreuses rues communales, Vosges dispose toutefois d’une autonomie complète, aussi bien pour les infrastructures que pour les travaux de rénovation. Le maire annonce donc un important programme de voirie, qui doit également servir de support à la végétalisation.
Sur la sécurité, il distingue les problèmes de sécurité proprement dits des nuisances du quotidien. La présence de deux grandes routes départementales et d’une voie secondaire fait de la sécurité routière une priorité, même si la commune ne maîtrise pas seule tous les leviers d’action. Concernant les habitations, le maire rappelle que Vosges a connu plusieurs cambriolages. Dès cette année, la municipalité veut donc étendre le réseau de vidéoprotection afin de faciliter le travail de la gendarmerie et l’identification des auteurs.
Florian Chaux se montre en revanche réservé sur les couvre-feux visant les jeunes. Il indique que Veauche n’a pas connu de problèmes majeurs, même si des demandes ont existé pendant l’été. Il défend le principe de proportionnalité, également invoqué par le préfet et la justice lors de l’annulation de couvre-feux instaurés dans plusieurs villes. À Veauche, les situations concernaient surtout des adolescents circulant dans les rues sans comportement nécessairement illégal ; dans ces cas, prévenir les parents peut suffire et ne justifie pas systématiquement des règles complexes ou une mobilisation policière importante. La commune doit néanmoins lutter contre des problèmes ponctuels de drogue et l’apparition de quelques dealers, en coopération étroite avec la gendarmerie.
Les pouvoirs de police du maire et la protection des élus
Le maire rappelle que ses pouvoirs de police sont très étendus. Il peut exercer de nombreuses compétences comparables à celles de la police municipale, avec certaines limites pratiques, comme le port d’une arme ou la conduite d’un véhicule de police. Ses responsabilités ne se limitent pas à la sécurité des personnes et des biens : il est également garant de la police de l’eau et de l’environnement dans sa commune. Il doit par exemple veiller à la protection des arbres centenaires ou remarquables, comme lorsqu’il a été alerté d’une éventuelle coupe qui s’est finalement révélée inexistante. Il doit aussi faire respecter les règles relatives à l’eau et les restrictions décidées par le préfet en période de sécheresse.
Pour renforcer le lien entre habitants, municipalité et gendarmerie, la ville souhaite remettre en place le dispositif de participation citoyenne, comparable au système des voisins vigilants mais encadré par la gendarmerie. Un point de contact unique, assuré par l’adjoint à la sécurité, recueillera les signalements des habitants et les transmettra aux forces de l’ordre afin d’améliorer leur prise en compte.
Enfin, interrogé sur les agressions visant de plus en plus souvent les maires, l’élu estime que cette situation s’inscrit dans un climat général de violence croissante. Il considère que les maires peuvent devenir des cibles privilégiées, non pas nécessairement à cause des oppositions électorales, mais parce qu’ils prennent des décisions individuelles qui mécontentent certains administrés. L’exemple évoqué est celui d’une personne à qui un permis a été refusé, la discussion s’interrompant alors que le maire commence à expliquer que ce type de décision peut provoquer des confrontations.
L’intégralité de l’entretien est à retrouver ICI
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