Monty : Une vie en vert, le parcours, la passion et l’héritage du chanteur des Verts

Monty : Une vie en vert, le parcours, la passion et l’héritage du chanteur des Verts

Avant RADIO GAGA 42 et Youtube nous avons fait de nombreuses rencontres et entretiens, voici un petit retour sur la rencontre avec Monty célèbre chanteur et compositeur, qui a immortalisé les verts sur vinyles et dans les refrains populaires.

Cette rencontre offre une plongée approfondie dans la trajectoire de Monty, célèbre auteur de la chanson “Qui sait les plus fort, évidemment…”, à l’occasion de la sortie de son ouvrage autobiographique. À travers des anecdotes foisonnantes, l’artiste revient sur la naissance de son hymne devenu culte, son enfance, l’influence de ses origines familiales, son choix du métier de musicien plutôt qu’architecte, ses débuts difficiles puis éclatants dans l’industrie du disque, ses multiples expériences de producteur en France et aux États-Unis, ainsi que ses rencontres marquantes avec des légendes comme Dalida, Stevie Wonder, Jacques Brel et Pelé. L’émission éclaire les liens originaux et intemporels entre chanson populaire, football, mémoire collective et accomplissement personnel.

Naissance et Origines de la Chanson “Allez les Verts”

Le dialogue s’ouvre sur un échange convivial qui présente Monty comme un invité exceptionnel venu retracer ses “meilleures années”, en focalisant sur les années 1976, période phare pour le club de football l’A.S.Saint-Étienne. Dès le début de l’entretien, Monty évoque la genèse de son livre “Ma Vie en Vert”, né de la volonté de laisser une trace de son histoire et de sa passion pour les Verts. Il explique avoir préféré raconter lui-même ses souvenirs plutôt que de laisser d’autres le faire à sa place plus tard, et souligne combien son chemin fut exceptionnel, tissé d’une passion inébranlable pour Saint-Étienne et ses joueurs de l’époque. Revenant sur la naissance de la chanson “Allez les Verts”, il révèle que celle-ci n’est pas issue d’une commande, mais d’un véritable élan personnel. De longues années passées à fréquenter les tribunes du “chaudron” stéphanois précèdent la composition : après quatre ans de réflexion, Monty pond le texte en dix minutes, pris dans un embouteillage sur les Champs-Élysées, alors qu’il produisait une jeune artiste dont le disque ne sortira finalement jamais. C’est ainsi, à partir d’une mélodie composée pour une autre, dans la frustration du trafic parisien, qu’émerge le futur hymne des supporters stéphanois.

Succès de la Chanson et Son Impact Culturel

Monty revient sur l’ampleur du succès d’”Allez les Verts”, qui fut adoptée à une échelle telle qu’on la compare à un second hymne national, après “La Marseillaise”. La chanson s’écoule à quatre millions d’exemplaires, alors même que personne, y compris sa maison de disques, n’y croyait. L’artiste partage son étonnement de voir que, quarante ans après (cinquante aujourd’hui), des enfants de 50 ans découvrent sa chanson sur Internet et se la réapproprient. Il relate aussi la manière dont il a recruté des choristes pour l’enregistrement : il s’agit de passants cueillis sur les Champs-Élysées, invités à partager quelques victuailles et enregistrer ensemble en studio, sans jamais avoir chanté auparavant. Ce partage atypique a laissé à tous un souvenir impérissable, l’impression d’avoir, le temps d’un après-midi, “fait un disque”. Monty aborde ensuite l’aspect identitaire de la chanson, qui n’a jamais été vécue comme un fardeau mais comme une immense chance, faisant de lui un ambassadeur de Saint-Étienne et tissant, parfois, des liens inimaginables entre rivaux sportifs historiques comme Lyon et Saint-Étienne. Il raconte une prestation au Zénith de Lyon, où, à la surprise générale, le public lyonnais entonna le refrain et où il reçut une écharpe de l’Olympique Lyonnais en chantant “Allez les Verts”, prouvant que la musique sait, parfois, apaiser les querelles de clocher.

De la Notoriété à la Carrière : Héritage Familial et Débuts de Musicien

Le dialogue s’oriente ensuite sur les origines de Monty, fils d’une mère berrichonne et d’un père d’origine ukrainienne musicien amateur. Il évoque une enfance bercée par la musique de Django Reinhardt, sa mère l’encourageant à réussir ses études, contrairement à la voie artistique choisie par son père. Monty raconte comment, après avoir proposé à sa mère d’assister à l’Olympia, celle-ci, impressionnée et inquiète, n’y retourna jamais, lui conseillant de terminer des études plus “sérieuses” comme l’architecture. Pourtant, Monty ne regrette rien de son choix ; il revendique le désir de vivre passionnément dès le début, préférant la musique et la composition – commencée dès dix ans – à l’apprentissage académique du piano classique qui l’ennuyait profondément. Il compose alors ses propres morceaux, préférant le jazz et l’expérimentation. Sa première audition à Paris révèle les hasards de la profession : alors qu’il passe devant le label Barclay grâce à un contact familial, un incident technique ruine ses débuts, mais c’est en interprétant une chanson plus personnelle que son destin bascule, aboutissant à la signature d’un contrat – signé par son père en raison de sa minorité – et à la parution de ses premiers titres originaux.

Émergence dans l’Industrie de la Musique Française

Monty détaille ses débuts laborieux avec la production de son premier disque en 1962–1963, où on lui conseille de modifier sa voix pour se différencier de celle de Richard Anthony. Ce conseil d’élocution s’avère avisé et il enregistre dans la foulée un nouveau disque, bénéficiant alors de la liberté de choisir arrangeur et musiciens. Jacques Loussier, figure majeure du jazz, collabore à ses premiers enregistrements – événement rare à l’époque pour un artiste de variété. Monty explique ce que signifie être producteur : il s’agit d’un rôle multifacette comportant investissement financier, gestion des relations parfois complexes avec les artistes, organisation des enregistrements, et surtout de veiller à la production et à la promotion du disque. Après avoir été “petit boy” en studio à Londres pour apprendre les rudiments de l’ingénierie du son, il se forme à la production en profondeur, s’imposant progressivement comme une figure clé du secteur.

Aventures à l’International, États-Unis et Stratégies de Production

Animé par le désir de s’imposer sur la scène internationale, Monty s’expatrie aux États-Unis avec le but affirmé de devenir numéro un en tant que producteur. Malgré son succès en France, il mesure sur place l’écart avec l’industrie américaine et repart quasiment de zéro. En l’espace d’un an, il parvient à s’immiscer dans le circuit des discothèques et s’imprègne des méthodes locales, marquées par une organisation radicalement différente et des “codes” spécifiques. Il témoigne de la rigueur du lancement de l’album “Thriller” de Michael Jackson, auquel il assiste : c’est un modèle d’orchestration marketing à l’échelle mondiale, orchestrant la sortie du disque à une heure précise sur tous les continents et générant 42 millions de ventes. Monty analyse ce succès non comme le fruit du hasard, mais d’un savoir-faire, de préparation et de communication maîtrisée.

Relations Avec les Artistes : Anecdotes et Figures Légendaires

Monty partage son regard sur la légende des artistes “compliqués”, évoquant la diversité de leurs caractères et de leurs exigences, parfois assimilées à du caprice. Il raconte une anecdote marquante : une tournée de 110 jours avec Dalida (après une tentative de suicide de la chanteuse), où il se voit confier la mission officieuse de prendre soin d’elle au quotidien. Il décrit l’extraordinaire générosité et professionnalisme de Dalida, capable de surmonter ses peines en coulisses pour se présenter lumineuse sur scène. Parallèlement, il cite d’autres figures notables rencontrées, dont Stevie Wonder en studio, et le footballeur Pelé, les élevant au rang de “dieux” personnels respectivement dans la musique et le football.

L’Influence de Jacques Brel, Pelé et la Durabilité de l’Hymne des Verts

L’entretien aborde la relation singulière entre Monty et Jacques Brel, qui, étonnamment, appréciait particulièrement ses chansons et provoqua même un changement à la radio pour qu’elles soient diffusées. Une anecdote illustre cette bienveillance : lors d’un spectacle réunissant quinze artistes avec Brel en vedette, Monty, le seul à se porter volontaire pour ouvrir la soirée, fut récompensé par un déjeuner en tête-à-tête avec le grand chansonnier. Le dialogue met aussi en lumière la place de l’ego dans la hiérarchie des spectacles, où débuter ou terminer revêt une dimension symbolique. Monty aborde enfin sa rencontre avec Pelé à New York, à l’époque du Cosmos, initiée grâce à la notoriété d’”Allez les Verts” : une simple dédicace déposée dans le bureau du responsable, et le voilà propulsé dans les coulisses du football mondial, côtoyant Beckenbauer et Pelé, qu’il qualifie d’“avoir serré la main de Dieu”. Ces expériences illustrent la façon dont la chanson et la passion commune ont transcendé les frontières et bâti des ponts uniques entre football, culture populaire et carrière artistique. L’émission s’achève alors sur l’annonce de la sortie d’un double album de 48 chansons, confirmant encore la vitalité contemporaine de l’œuvre de Monty, soixante ans après ses débuts.

L’intégralité de l’entretien est à retrouver ICI

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Rédaction

Dialogues sur Saint-Etienne et sa Métropole avec les ligériens et ceux qui passent sur notre territoire. Chaine faite par des bénévoles, depuis Aout 2023.

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