Que serait Saint-Chamond sans l’histoire d’Antoine Pinay ?
Antoine Pinay a fini sa longue carrière politique à la Mairie de Saint-Chamond, il était né le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise dans le département voisin, le Rhône.
Désigné président du Conseil par Vincent Auriol en 1952. Il cumule cette charge avec le ministère des Finances et des Affaires économiques. Il devient ministre des Finances en 1958 et contribue à l’instauration du « nouveau franc ».
Dans les années 1950, la France traverse une période de fortes pressions inflationnistes, de dévaluations successives du franc ancien (dit « franc germinal » ou « franc Poincaré ») et de déséquilibres budgétaires et extérieurs. Quand Charles de Gaulle revient au pouvoir en 1958 à la tête de la Ve République, une réforme monétaire est jugée nécessaire pour restaurer la crédibilité de la monnaie nationale et relancer la confiance. Antoine Pinay, nommé ministre des Finances, est alors chargé de mettre en œuvre une réforme radicale.
Le nouveau franc (parfois appelé franc Pinay ou franc lourd) est la nouvelle unité monétaire instaurée en France à partir du 1ᵉʳ janvier 1960. Autrement dit, les montants anciens doivent être divisés par 100 pour passer au nouveau système (par exemple, un produit coûtant 5 200 anciens francs vaudra alors 52 nouveaux francs).
1 nouveau franc = 100 anciens francs.
Plusieurs objectifs motivent cette réforme :
- Psychologie monétaire et prestige : rendre la monnaie moins “dévalorisée” aux yeux des citoyens et des marchés, en éliminant les grands nombres.
- Stabilité et crédibilité : relier la monnaie à une valeur métallique (or) pour restaurer la confiance extérieure. On fixe une convertibilité basée sur 180 mg d’or pur.
- Simplification monétaire : rationaliser les opérations bancaires et les tarifs en supprimant l’impact psychologique des multiples zéros.
Cette réforme, dans le cadre du plan Pinay-Rueff, allait de pair avec une nouvelle dévaluation de 17,5 % du franc ancien, la septième depuis la Libération.
Impact monétaire et économique
- Stabilisation du franc : la réforme aide à remettre le franc sur des bases plus crédibles sur les marchés internationaux.
- Effet psychologique : le passage à des montants plus “modestes” contribue à restaurer la confiance du public.
- Évolution ultérieure : en 1963, on abandonne le terme « nouveau franc » et on revient simplement à « franc » pour désigner la monnaie.
- Durée de vie : cette monnaie restera en circulation jusqu’à l’adoption de l’euro en 2002, date à laquelle le franc est définitivement démonétisé.
Le “franc Pinay” est resté dans la mémoire populaire comme une tentative audacieuse de relance monétaire. On lui attribue une part importante de la restauration de la crédibilité financière de la France dans les années 1960. Un monument en hommage au “nouveau franc” existe à Saint-Symphorien, lieu natal de Pinay.
Critiques et limites
- Le coût social de la transition, bien que maîtrisé, n’était pas nul : pour le citoyen, cela impliquait un réajustement des prix, des salaires, des habitudes de comptage.
- Certains voient dans la réforme plus un symbole qu’une transformation structurelle : la politique économique globale, la discipline budgétaire et la croissance industrielle restaient déterminantes.
- Enfin, pour les tenants de la numismatique, la réforme introduisit aussi des défis (conversion, collection, reconnaissance des anciennes monnaies).
- Le Nouveau Franc meurt en 2002 avec l’arrivé de l’Euro qui aurait du s appeler l’ECU…
- Délaissant désormais toute ambition politique nationale, Antoine Pinay se consacre à ses mandats de maire de Saint-Chamond jusqu’en 1977 et de président du conseil général de la Loire jusqu’en 1979.
- Renoncement en 1965 à une candidature a l’élection présidentielle.
- Antoine Pinay meurt le 13 décembre 1994 à Saint-Chamond, à l’âge de 102 ans.
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